Terres Australes et Antarctiques Françaises (épisode 1) : le spatial au service du développement durable

01 avril 2021

Situées dans l’Océan Indien, les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) sont constituées d'îles d’origines volcaniques aux paysages grandioses : elles forment un territoire sauvage et isolé de l’homme qui se doit d’être préservé et accueillent aujourd'hui la plus grande réserve naturelle de France. Pour garantir la préservation de cette nature exceptionnelle, Telespazio France intervient sur différentes problématiques au service du développement durable. Dans ce premier épisode, focus sur les dispositions prises pour empêcher la pêche illégale grâce à la Géo-Information.

Un territoire préservé où la présence humaine est limitée

 

Classée réserve naturelle nationale depuis 2006, et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2019, la zone des Terres Australes et Antarctiques Françaises est l’habitat d’une biodiversité exceptionnelle. Oiseaux et mammifères marins y évoluent depuis plusieurs millions d’années dans un isolement extrême.

Les menaces liées aux activités humaines et aux changements climatiques globaux s’y font cependant ressentir (pollution, invasions biologiques, captures accessoires et accidentelles associées aux activités de pêche…). C’est pourquoi les TAAF font l’objet d’un plan de gestion strict qui s'articule autour de 7 enjeux de conservation.
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Parmi eux figurent la protection et l’exploitation durable des populations d’espèces marines. En effet, pour garantir le bon état écologique de ces écosystèmes marins riches et diversifiés, la réserve naturelle inclut depuis 2016 l’ensemble des zones essentielles à la reproduction et à l’alimentation des espèces marines : un territoire de 672 000 km2 à protéger.

Particulièrement adapté à la surveillance de ces vastes zones très éloignées, le satellite joue un rôle essentiel dans la conservation de ce territoire.

 

Protéger les ressources et mettre en place une pêche durable

 

La localisation des îles Kerguelen et Crozet et leurs conditions climatiques en ont fait un habitat privilégié de la légine australe. Ce carnassier, très apprécié des marchés asiatiques, est devenu une des espèces de poissons les plus chères du monde. Elle est si convoitée que des mesures de gestion strictes ont dû être mises en place pour garantir une pêche durable et protéger cette ressource.​​​​​​​

Présente sur les plateaux sous-marins et autour des îles des régions subantarctiques, la légine australe fait l’objet d’une surveillance accrue depuis l’espace. Pour lutter contre sa pêche illégale, Telespazio France associe deux technologies : l’imagerie satellitaire et l’Intelligence Artificielle​.

 

Géo-Information et Intelligence Artificielle : un mariage solide de longue durée

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Sur la base de travaux amorcés en 2014, Telespazio a proposé son détecteur automatique de navire et iceberg sur des images radar et optique dès 2017 pour le compte de la Direction des Affaires Maritimes. Ce détecteur est utilisé sur diverses zones mais en particulier dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises de Kerguelen et Crozet avec comme objet principal la surveillance de la pêche illégale.

Telespazio livre quotidiennement, depuis 4 ans déjà, ses rapports de détection au Centre National de Surveillance des Pêches (CNSP). Situé à Etel, ce dernier est chargé du suivi de l’activité halieutique dans la zone. Cela représente plus de 7 500 images radar, fournies par les satellites Sentinel 1, puis traitées par IA (Intelligence Artificielle), avec une moyenne d’environ 2 000 par an.

Telespazio déploie ainsi le fruit de sa R&D dans un service opérationnel au profit du développement durable et de la préservation de la ressource halieutique, et incarne pleinement et avec fierté sa vision d’un spatial simple, au service de la protection de la planète, de son écosystème et de ses habitants.


Dans le prochain épisode de cette série d’articles, nous en découvrirons plus sur la station de poursuite satellite située sur la Grande Terre de l’archipel Kerguelen en compagnie de Didier Petit qui est rentré récemment de son septième séjour aux Kerguelen.

 

​​​​​​​Crédit photos : Wikipedia Commons